ATLAS  DES  DERMATOSES  DOULOUREUSES

Bien que cela soit rarement recherché et pris en charge spécifiquement, de nombreuses dermatoses canines sont douloureuses.

La douleur en dermatologie peut être liée:

  1. à la sévérité de la dermatose,
  2. à sa localisation,
  3. à une irritation nerveuse (plus rarement).

Bien que la majorité des dermatoses inflammatoires puisse conduire à la libération de substances algogènes et générer une douleur, les dermatoses les plus douloureuses sont, le plus souvent, associées à une atteinte profonde, du derme en particulier.

Ceci s’explique, d’une part,  par la localisation des nocicepteurs cutanés et, d’autre part, par la libération d’autant plus importante de médiateurs inflammatoires que les lésions sont sévères.

Parmi les entités les plus fréquemment rencontrées, les Pyodermites profondes sont une cause fréquente de douleur en dermatologie.
Dans certains cas, comme lors de Pyodermites à Pseudomonas, à localisation préférentiellement dorsale, la douleur peut même constituer le motif de consultation, les lésions cutanées n’étant mises en évidence que lors de l’examen clinique.

Les Fasciites nécrosantes liées à une atteinte streptococcique et associées à une véritable dissection des tissus cutanés, sous-cutanés et musculaires sont également particulièrement douloureuses.

 

Fasciite nécrosante chien

Fasciite nécrosante chien

 

Chaque praticien a également pu constater la douleur vive associée aux Dermatites pyotraumatiques qui rend l’examen de ces animaux difficile et nécessite une prise en charge spécifique et, très souvent, une sédation pour réaliser un examen approfondi et une tonte/nettoyage des lésions.

Pyodermite pyotraumatique chien

Pyodermite pyotraumatique chien

Pyodermite pyotraumatique chien

D’autres dermatoses, en particulier celles se traduisant par des ulcères, sont douloureuses mais rencontrées moins fréquemment.

Il s’agit, par exemple, des Toxidermies ou des Maladies bulleuses, qu’elles soient d’origine auto-immune ou congénitale.
En médecine humaine, la douleur associée au Syndrome de Lyell, une toxidermie grave se traduisant par un décollement dermo-épidermique étendu est, souvent, extrêmement sévère et sa prise en charge est une part intégrante du traitement.
De telles recommandations sont encore très peu établies en médecine vétérinaire.

Syndrome de Lyell suite ingestion 500 mg de paracétamol

Le caractère douloureux d’une dermatose est, parfois, plus lié à sa localisation qu’à sa sévérité.
Ainsi les atteintes podales et unguéales, scrotales, périnéales et cutanéomuqueuses sont fréquemment associées à une douleur marquée.
La douleur engendrée par les lésions podales est souvent très vive et accompagne en particulier:

  1. les lésions de Furonculose et Cellulite (bactérienne ou démodécique notamment)
  2. l’épaississement et la fissuration des coussinets observées lors de Syndrome hépato-cutané, de certaines Dermatoses auto-immunes 
  3. la jonction dermo-épidermique ou encore la Pododermatite plasmocytaire féline.

Cellulite Border Collie

Cellulite Border Collie abdomen

Cellulite Border Collie pied

Syndrome hépato-cutané Watcha

Syndrome hépato-cutané Watcha

Syndrome hépato-cutané 

Onychodystrophie lupoïde

Pododermatite plasmocytaire

Pododermatite plasmocytaire

Enfin, certaines dermatoses sont associées à une irritation nerveuse.
L’exemple type est la Syringomyélie, une affection décrite chez le Cavalier King Charles et caractérisée par la formation de cavités remplies de fluides (ou syrinx) dans la moelle épinière.
Ces cavités, dues à une anomalie de circulation du liquide céphalo-rachidien, peuvent entraîner des lésions de la moelle épinière, à l’origine de douleurs neuropathiques.
Ces douleurs se traduisent par un prurit de la région du cou et des épaules, souvent unilatéral et sans lésion cutanée associée (absence de contact cutané lors du mouvement de grattage). Une douleur en région cervicale, une parésie et une ataxie peuvent être observées. La sévérité des signes cliniques est très variable.

Pathogénie Syringomyélie

Syringomyélie

oPrurit cervico-facial sans contact « Démangeaisons fantômes »

Photos: Emilie Drevon  Unité de Dermatologie Vet Agro Sup - Lyon  -  Centre Hospitalier Vétérinaire Saint Martin
             Thierry Poitte Clinique vétérinaire île de Ré