Peut-on évaluer la douleur chez le furet par son expression faciale ?

Reijgwart ML, Schoemaker NJ, Pascuzzo R, Leach MC, Stodel M, de Nies L, et al. The composition and initial evaluation of a grimace scale in ferrets after surgical implantation of a telemetry probe.
PLoS ONE. 2017: 12(11): e0187986.

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Introduction

La reconnaissance de la douleur n’est pas toujours une chose facile chez le furet. Les paramètres étudiés peuvent être non spécifiques inconsistants ou peu pratiques. Les échelles de reconnaissance de la douleur par expression faciale ont déjà été étudiées et publiées chez la souris, le rat et le lapin et sont utilisées en laboratoire. Le but de cette étude est de vérifier si l’utilisation d’une échelle de douleur par expression faciale est possible chez le furet.


Matériels et méthodes

Dix-neuf furettes ont subi une laparotomie exploratrice dans le but de poser un implant télémétrique pour une autre expérience.
Tous les furets ont été pris en photo de profil à 19 et 22 heures avant la chirurgie, puis 2, 5, 26 et 29 heures après la chirurgie.
L’ensemble des photos a été visualisé par onze personnes qui ont noté de 0, 1, ou 2 (non présent, modérément présent, ou manifestement présent) ou ne sais pas noter, la fermeture des paupières, le bombement du nez, le bombement des joues, le changement de la position des oreilles et la rétraction des vibrisses.

 

Résultats

La fermeture des paupières est le signe qui montre une grande sensibilité, une grande spécificité et une forte exactitude par rapport à la présence de douleur. L’addition des critères du bombement du nez, du bombement des joues, du changement de la position des oreilles n’ont pas changé l’appréciation de la présence ou non de douleur. Cependant un certain nombre de ces notes étaient absentes par impossibilité de l’observateur à évaluer ces signes. La rétraction des vibrisses est un signe qui présente une mauvaise corrélation avec la présence de douleur.

 

Discussion

Parmi les différents critères la fermeture des paupières semble celui qui est le plus facile à évaluer. En effet, ce critère a pu être noté par l’ensemble des observateurs ce qui n’est pas le cas des autres critères.

Cette étude a pour limite qu’un seul type de stimulus nociceptif a été réalisé. Les résultats ne permettent donc pas pour l’instant d’évaluer l’intensité de la douleur. De plus il serait intéressant d’augmenter le nombre d’évaluations dans le temps après le stimulus douloureux et de comparer les résultats obtenus entre femelles et males.

 

A retenir

Pour évaluer la douleur chez le furet on peut regarder le niveau de fermeture de ses paupières, des paupières fermées étant corrélées avec la présence d’une douleur.

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Pour aller plus loin

Van Oostrom H, Schoemaker NJ, Uilenreef JJ. Pain management in ferrets. Vet Clin North Am Exot Anim Pract. 2011; 14: 105-116

Leach MC, Klaus K, Miller AL, Di Perrotolo MS, Sotocinal SG, Flecknell PA. The assessment of postvasectomy pain in mice using behaviour and the Mouse Grimace Scale. PLoS One. 2012; 7: e35656

Leung V, Zhang E, Pang DS. Real-time application of the Rat Grimace Scale as a welfare refinement in laboratory rats. Sci Rep. 2016; 6: 31667

Keating SC, Thomas AA, Flecknell PA, Leach MC. Evaluation of EMLA cream for preventing pain during tattooing of rabbits: changes in physiological, behavioural and facial expression responses. PLoS One. 2012; 7: e44437