L'Anesthésie Intraveineuse Partielle :
l'équilibre parfait entre efficacité et sécurité
15 janvier 2026
Références article :
Réalisé par le Dr Vet. Luca Zilberstein, Co-fondateur et Directeur scientifique de CAPdouleur, DMV PHD, Ancien Enseignant Chercheur Anesthésie/réanimation E.N.V.A. Dipl. ECVAA – Pour CAPdouleur – Octobre 2025
Review Can Vet J. 2013 Mar;54(3):276-82. Partial intravenous anesthesia in cats and dogs. – Tanya Duke 1 – Affiliations Expand – PMID: 23997266 –
PMCID: PMC3573635
L’Anesthésie Intraveineuse Partielle : l’équilibre parfait entre efficacité et sécurité
L’anesthésie vétérinaire moderne évolue vers une personnalisation accrue.
La PIVA (Partial Intravenous Anaesthesia) ne se limite plus aux centres de référés ; elle devient une norme d’excellence pour quiconque souhaite optimiser la stabilité hémodynamique et l’analgésie péri-opératoire !
L’approche scientifique : Pourquoi intégrer la PIVA ?
Le rationnel scientifique repose sur l’effet d’épargne anesthésique (anesthetic- sparing effect). En combinant des agents inhalés avec des molécules injectables en perfusion continue (CRI), nous agissons sur plusieurs récepteurs simultanément et ainsi nous optimisons leurs effets pour un meilleur équilibre.
- Réduction de la MAC : L’utilisation d’opioïdes « fort » & Co (comme les Alpha2-agonistes) peut réduire les besoins en agents volatils jusqu’à 50 %, – 60 %.
- Stabilité Hémodynamique : Les agents volatils (isoflurane, sévoflurane) sont des délétères vasodilatateurs dose-dépendants. La PIVA permet de maintenir une pression artérielle et un débit cardiaque supérieurs en diminuant la concentration de gaz nécessaire. De plus, les Apha2-agonistes ont un effet vasoconstricteur qui pourrait (dans certains conditions) contrecarrer la vasodilatation des agents volatils.
- Pharmacocinétique de précision : Contrairement aux bolus qui créent des pics et des creux de concentration plasmatique, la perfusion continue (CRI) maintient une occupation constante des récepteurs dans la « fenêtre thérapeutique ».
Des protocoles rigoureux pour vos patients complexes
L’article souligne l’importance des combinaisons synergiques pour une prise en charge globale :
- Le protocole MLK (Morphine-Lidocaïne-Kétamine) : Une référence pour le contrôle de la sensibilisation centrale et de l’inflammation chez le chien.
- La puissance de la Dexmédétomidine : Offre une analgésie parfois comparable aux opioïdes et une réduction massive de la MAC (jusqu’à 60 %), tout en préservant une excellente stabilité de la pression artérielle. Pour certains patients, on pourrait optimiser le soutien cardiovasculaire opéré par la dexmédétomidine au lieu des plus « classiques » dobutamine, dopamine, noradrénaline…
- L’innovation Rémifentanil : Idéal pour les procédures nécessitant une modulation ultra-rapide de la profondeur anesthésique grâce à son métabolisme hyperrapide opéré par les cholinestérases plasmatiques, sans dépendance. Mais la difficulté en approvisionnement et utilisation limitent son usage au quotidien.
Maîtriser les points critiques
La rigueur scientifique impose de surveiller deux concepts clés :
- Le temps de demi-vie pour les perfusion continue (Contexte sensitive Half-life) : Pour certaines molécules, la durée de récupération s’allonge proportionnellement à la durée de la perfusion. Cela est dû à la cumulation progressive et exponentiel du produit.
- L’équilibre entre site et effet : Le délai entre l’injection et l’effet maximal (par exemples, quelques minutes pour le fentanyl) nécessite l’administration d’une dose de charge (Loading Dose) pour atteindre immédiatement la concentration stable visée.
Conclusion
La PIVA (en autres mots, une CRI anesthésique) représente une avancée majeure vers une « anesthésie équilibrée » où chaque drogue est utilisée pour ses bénéfices spécifiques tout en minimisant ses effets délétères.
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