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Comprendre les mécanismes de la douleur.

Table des matières

La douleur est universelle et l’expliquer à travers des exemples, vous permettra de mieux la comprendre pour ensuite mieux vous occuper de l’animal douloureux. Cela vous permettra aussi de l’intégrer naturellement à votre discours envers les propriétaires. Vous pourrez reprendre les exemples donnés dans cet article.

Schéma 1 : Mécanisme

1. Comment l’information de la douleur arrive-t-elle dans mon cerveau ?

Pour comprendre le mécanisme de la douleur, appuyons-nous sur un exemple : Prenons une brûlure.

Je me brûle. Un signal d’agression se déclenche dans mon système nerveux périphérique au niveau du neurone 1, dans la fibre douloureuse. (voir schéma 1) C’est ce que l’on appelle la nociception (je reçois une information qui peut me nuire)

Ce stimulus d’agression est transformé en signal électrique dans le neurone 1. Il progresse jusqu’à la synapse qui relie le neurone 1 au neurone 2 (lieu de contact entre deux neurones permettant la transmission des informations). Le neurone 2 quant à lui, est situé dans la moëlle épinière. (voir schéma 1)

Dans la synapse, ce signal électrique va être transformé en signal chimique par l’intermédiaire des neurotransmetteurs qui vont se fixer sur les récepteurs du neurone 2. (Voir schéma 2)

Schéma 2 : Neurones

Cela se passe de la même manière entre le neurone 2 et le neurone 3 qui lui est dans le cerveau.

Le neurone 3 envoie ce signal par l’intermédiaire de ses ramifications dans un réseau complexe qui s’appelle la matrice douloureuse. (Voir schéma 1)

Au fur et à mesure que ce signal monte au cerveau, il va être freiné ou amplifié. Ces freins et ces amplificateurs vont modifier la perception de la douleur. Cette douleur ne sera donc pas toujours le reflet exact de l’agression.

A noter, qu’un équilibre entre les freins et les amplificateurs permet l’absence de douleur.

2. Les niveaux de freins

Il y a 3 niveaux de freins à connaitre :

  • Le premier frein se situe au niveau de la moelle épinière. Je sollicite des fibres tactiles (fibres du toucher) qui ferment la porte à l’information douloureuse.

Exemple : je me cogne le coude. Je me frotte. Cela calme ma douleur grâce à la stimulation des fibres tactiles

  • Le deuxième frein est au niveau du tronc cérébral. (voir schéma 3)
    Les noyaux libèrent des endorphines, de la noradrénaline et de la sérotonine qui vont permettre de freiner la douleur. Si on veut freiner la douleur, on va aider ces noyaux à en libérer encore plus en donnant des médicaments. (clomipramine (Clomicalm), tramadol (Tralieve)). Les médicaments augmentent les taux noradrénaline et sérotonine. La physiotherapie comme le laser peut augmenter les taux d’endorphines.
Schéma 3 : système nerveux central
  • Le troisième frein est dans le cerveau. C’est la conscience et surtout les émotions chez les animaux :
    – Les émotions négatives (la peur, la tristesse…)
    – Les émotions positives (la joie, la distraction…)
    Les émotions positives diminuent la perception de la douleur et les émotions négatives les amplifient.

Dans le cerveau, on a déjà évoqué la matrice douloureuse. Cette matrice douloureuse se superpose à la matrice émotionnelle. D’où l’intérêt du nursing en hospitalisation qui a pour but  justement d’activer cette matrice émotionnelle avec des signaux positifs pour calmer la matrice douloureuse.

3. La periode d'amplification

S’il y a une période d’amplification, par exemple : je laisse ma main sur la flamme. Il va y avoir une soupe Inflammatoire : je me brûle. Les lésions tissulaires et les lésions inflammatoires déclenchent de multiples messages. Des cellules vont sécréter pleins d’ingrédients (prostaglandines et cytokines). Ces ingrédients vont abimer le neurone 1. Ce neurone 1 va s’exciter beaucoup plus vite, ce qui va entrainer une information douloureuse plus rapide et plus amplifiée.

Cette soupe inflammatoire entretient la douleur et conduit à la sensibilisation du système nerveux central. (Pour rappel la moëlle épinière et le cerveau)

Dans ce système nerveux central, il y a un acteur clé qui est le récepteur NMDA. Il reçoit un neurotransmetteur excitateur qui est le glutamate. Ce récepteur NMDA a un canal qui est normalement bloqué par l’ion magnésium. Le glutamate ne peut donc pas être transmis.

 L’ion magnésium est expulsé lorsque la douleur devient chronique. Ce qui crée un emballement de la sensation de douleur.

Schéma 4 : Récepteur NDMA

4. Notre système d'alarme : la nociception

La nociception est le fait de recevoir une stimulation qui peut me nuire. Cette stimulation peut être thermique (ex : chaleur), mécanique (ex : un coup) ou chimique (ex : un acide).

La douleur nociceptive est une douleur aigue. Elle nous prévient. C’est notre système d’alarme.

Elle déclenche deux réflexes :

  • Un réflexe de retrait
  • Un réflexe cardio-respiratoire avec l’augmentation de la fréquence cardio-respiratoire.

Cette douleur aigue va aussi s’inscrire dans la mémoire. Elle conditionne notre comportement futur. Je ne vais plus approcher la main d’une flamme.

5. Les dérèglements de notre système d’alarme

Ce système d’alerte peut se dérégler :

  • Premier cas de dérèglement : un excès de nociception. Vous continuez à vous brûler. Cela crée une soupe inflammatoire. Cette soupe inflammatoire abime le neurone 1 qui entraine de la douleur inflammatoire.
    Exemple : arthrose, chirurgie, gingivo-stomatite féline
  • Deuxième cas de dérèglement : Des lésions sur les fibres de la douleur et du toucher vont déclencher spontanément de violentes douleurs en décharge électrique. Ce sont des douleurs neuropathiques.
    Exemple : Hernie discale, arthrose, certaines chirurgies, certains traumatismes sur la colonne vertébrale
  • Troisième cas de dérèglement : C’est un mauvais fonctionnement des freins. Les lésions ne sont pas identifiées. Ce sont les douleurs fonctionnellesCes douleurs fonctionnelles sont bien connues chez l’humain, mais beaucoup moins bien chez les animaux.
    – En humaine : migraine, fibromyalgie, cystite interstitielle chez la femme, côlon irritable
    – Chez les animaux : cystite interstitielle (idiopathique) féline et côlon irritable

6. Les douleurs mixtes

Nous ne pouvons pas catégoriser aussi simplement les différentes douleurs. Nous allons avoir des douleurs mixtes. C’est-à-dire que plusieurs douleurs vont s’associer (douleur inflammatoire, douleur neuropathique, douleur fonctionnelle) Cela peut être deux ensembles, voire les trois ensembles.

  • Exemples : hyperesthésie féline (sensibilité excessive) 
    Douleur chronique post-opératoire sous diagnostiquée

Ces douleurs mixtes chroniques entrainent :

  • Un handicap fonctionnel
    Exemples : de la boiterie, difficulté à se lever, à sauter
  • Des perturbations émotionnelles dont :
    • Peur et anxiété
    • Etat dépressif
    • Irritabilité et agression
    • Troubles du sommeil
    • Modification de l’interaction avec le propriétaire

Conclusion

La douleur chronique doit être traitée de façon individualisée. La douleur de mon chien ne sera pas la même que la douleur du chien de mon voisin.

La nociception est mesurable, avec objectivité.
      Exemple : à 42°C, j’ai mal

La douleur, elle, n’est pas mesurable. Elle est évaluable car elle est subjective
. Chacun construit sa douleur selon son vécu, ses émotions et son environnement. La douleur est universelle. Chacun la connait. Mais nous la ressentons différemment chacun.
      Exemple : la douleur des contractions pendant un accouchement.

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