Compte-rendu Etude observationnelle Collier YOOS / CSOM

5 juillet 2021

Compte-rendu Etude observationnelle Collier YOOS / CSOM

Le réseau CAPdouleur a conduit du 1er octobre 2020 au 31 décembre 2020 une étude clinique observationnelle multicentrique afin d’évaluer les propriétés apaisantes du collier YOOS dans le cadre d’arthrose canine d’intensité douloureuse légère à modérée pour :

  1.  Soulager l’inconfort articulaire
  2.  Améliorer la mobilité


Animaux inclus dans l’étude

Chiens arthrosiques avec des signes cliniques d’handicap fonctionnel ou de perturbations émotionnelles à l’origine de troubles comportementaux
Chiens sous traitements ou non (chondroprotecteurs, AINS…)

Choix de la méthode d’évaluation CSOM : Client Specific Outcome Measures.


Les Client-Specific Outcome Measures (CSOM) sont des grilles évaluatives de la douleur chronique faisant appel aux capacités d’observation d’un propriétaire partageant le quotidien de son animal pour évaluer le handicap fonctionnel et le mal-être associé aux douleurs chroniques. La particularité réside notamment dans le fait que chaque grille est unique à un animal et un propriétaire. En effet, il ne s’agit pas d’un questionnaire standard mais plutôt d’un outil unique adapté à l’animal douloureux, avec son identité propre replacé dans son environnement émotionnel et cognitif.
A J0 le vétérinaire échange avec le propriétaire pour définir ensemble la liste des critères les plus emblématiques de la douleur observés au cours de la dernière semaine.
Pour cela, l’évaluateur :

  1. discute de l’activité de l’animal avec le propriétaire, cherchant à lister « les activités que l’animal a des difficultés à faire ou a cessé de faire »

  2. recherche des qualificatifs évocateurs de douleurs mécaniques (diminuant au repos, contemporaines de l’exercice), inflammatoires (nocturnes, diminuant à l’exercice, raideur matinale), neuropathiques (spontanées, de type décharges électriques, paresthésies, dysesthésies), nociplastiques (vulnérabilité, hyperalgésie, allodynie)

  3. échange avec le propriétaire sur l’état émotionnel à l’origine de changements de comportement : anxiété, dépression, irritabilité, dyssomnies, altération des relations sociales.


Une fois cette 1ère liste établie, le vétérinaire demande au propriétaire de les classer par ordre d’importance pour déterminer les 3 items principaux à suivre. Le choix doit se porter sur des activités ou comportement clairement altérés, susceptibles de s’améliorer grâce à la thérapie analgésique qui sera mise en place. L’ensemble des items choisis doit refléter si possible la variété des composantes douloureuses présentes.
Une fois les items sélectionnés et précisés, les propriétaires sont invités à évaluer le degré de difficulté à effectuer ces activités ou la fréquence des modifications de comportement au cours de la dernière semaine.

Le score CSOM est l’addition des notes pour les 3 items.
Les valeurs sont relevées à J0, J15 et J30.

 
Analyse des données

Le logiciel SAS 9.4 a été utilisé pour les analyses. L’erreur de première espèce a été fixée à 5% pour le modèle. Pour les paramètres quantitatifs, le nombre de cas, la moyenne, l’écart-type, la médiane et les premiers et troisièmes quartiles ont été présentés. Un modèle linéaire mixte à mesures répétées basé sur la variation absolue du score total par rapport à J0, prenant comme covariable le score à J0 et le jour de la visite a été effectué.

 

Résultats : 

Données démographiques :

158 questionnaires CSOM ont été réceptionnés.
Sur ces 158 questionnaires, 34 ont été exclus de l’analyse car les questionnaires n’étaient pas exploitables.
L’analyse statistique a été faite sur les 124 sujets exploitables.

L’utilisation d’une version digitalisée de la grille CSOM permet de standardiser et améliorer la qualité des données rassemblées. Disponible depuis janvier 2021 pour tous les adhérents CAPdouleur, l’application CSOM permet aux propriétaires d’évaluer de la maison à partir de la grille définie avec le vétérinaire en consultation.

Pour découvrir l’application CAPdouleur :

L’âge moyen des chiens à J0 était de 11.6 ans et leur poids moyen de 22.2kg.

Les races des chiens étaient très diverses, allant du teckel au bouvier bernois.

Les trois items les plus sélectionnés étaient les suivants :
Se relever (N=53), Sauter (N=44), Monter les marches/escaliers (N=40).

Figure 1 | Symptômes/activités les plus évalués (N=124)

Evolution du score total

Tableau 1| Evolution du score total par visite (N=124)

Jour0 Jour 15 Jour 30
Moyenne (SD) 8.4 (2.1) 6.0 (2.3) 5.1 (2.6)
Médiane [Q1 ; Q3] 9.0 [7.0 ; 10.0] 6.0 [4.0 ; 8.0] 5.0 [3.0 ; 7.0]

Le score total moyen à J0 était de 8.4points. A J15, le score total a significativement diminué par rapport à J0 (pval<0.001, de 8.4 à J0 à 6.0 à J15). A J30, le score total était là-aussi significativement différent du score initial (pval<0.001, de 8.4 à J0 à 5.1 à J30).

Aussi, le modèle a mis en évidence une différence significative entre J15 et J30 au seuil 5% : le score total a diminué en moyenne de 0.91 points entre J15 et J30 (pval <.001).

Figure 2 | Boîte à moustaches du score total par visite (N=124)

Item : Se relever

A J0, près de 60% des cas ayant sélectionné cet item ont un score de 3 ou 4. D’après la Figure 3, on voit que ce pourcentage diminue pour atteindre moins de 30% à J15 et J30 après le début d’utilisation du collier YOOS.

Figure 3 | Diagramme à barres cumulées du score de l’item Se relever (N=53)

Item : Sauter

A J0, 65% des cas ayant sélectionnés cet item ont un score de 3 ou 4. Après 15 jours avec le port du collier YOOS, près de 60% des cas ont un score inférieur ou égal à 2. Cette diminution est confirmée 30 jours après avoir débuté l’utilisation de ce collier : seulement 35% des cas ont un score de 3 ou 4, dont 3 cas seulement avec un score de 4, contre 15/44 au départ.

Figure 4 | Diagramme à barres cumulées du score de l’item Sauter (N=44)

Item : Monter les marches/escaliers

A J0, 65% des cas ayant sélectionnés cet item ont un score de 3 ou 4. Ce pourcentage diminue à 40% à J15 et 35% à J30 après le début d’utilisation du collier YOOS.

Figure 5 | Diagramme à barres cumulées du score de l’item Monter les marches/escaliers (N=40)

Pour des explications détaillées sur l’interprétation statistique, cf annexe 1

 
Conclusion


Cette étude clinique observationnelle multicentrique rapportée sur 124 cas exploitables a montré des résultats favorables sur l’amélioration de critères fonctionnels altérés par la présence d’arthrose d’intensité douloureuse légère à modérée.

L’analyse statistique confirme une amélioration significative sur le score CSOM total relevé à J0, J15 et J30, ainsi que sur les 3 principaux critères douloureux choisis par les propriétaires : difficultés à se relever, à sauter et à monter les marches ou escaliers.

Ces résultats sont en accord avec les remarques des phytothérapeutes investis dans la prise en charge de la douleur chronique : nous publions les avis des Drs Pierre May et Christophe Vernet (cf articles

La prescription  d’huiles essentielles contenues dans le collier YOOS peut être donc recommandée à partir des conditions suivantes :

  1. Inscrire cette prescription dans un projet thérapeutique multimodal, pluridisciplinaire et individualisé
  2. Cibler les cas d’arthrose d’intensité douloureuse légère à modérée
  3. Identifier les mécanismes inflammatoires, neuropathiques et/ou nociplastiques des douleurs arthrosiques
  4. Evaluer les résultats avec la triple approche de l’handicap fonctionnel, de la qualité de la douleur et des répercussions émotionnelles à l’origine de perturbations comportementales
 
Composition et propriétés du collier YOOS

Les huiles essentielles sont des composés odorants et volatiles extraits de plantes aromatiques par distillation à la vapeur d’eau ou par expression mécanique à froid.

La notion de chémotype qui désigne des entités chimiques distinctes au sein d’une même espèce est obligatoire en aromathérapie. Ces variations chimiques des métabolites secondaires  parmi des espèces identiques de plantes sont sous l’influence des écosystèmes (altitude, humidité, ensoleillement, biotope…).
Le chémotype des huiles essentielles varie aussi en fonction du pays de récolte, des conditions de récolte, de la qualité de la distillation, de l’entreposage : tous ces facteurs peuvent modifier leurs propriétés.

La distillation permet donc d’obtenir différentes familles biochimiques qui ont des propriétés propres (antibactériennes, antifongiques, antivirales, antiparasitaires, immunostimulantes, anti-catarrhales, anti-inflammatoires…).
Il est souhaitable d’associer plusieurs huiles essentielles entre elles pour obtenir une synergie où chaque huile complète et renforce l’activité des autres.

Les HE aux propriétés anti-inflammatoires sont l’HE d’eucalyptus citronné, de gaulthérie couchée, de lavande, de genévrier ou de pin sylvestre.

Les HE aux propriétés antalgiques sont l’HE de menthe poivrée en massage local, de laurier noble, de giroflier, d’ylang-ylang, de camomille noble, ou d’hélichryse italienne.

YOOS est un collier imprégné d’un mélange unique d’huiles essentielles :

1° Gaulthérie (Gaultheria procumbens)

La gaulthérie (famille des éricacées) est un petit arbre originaire d’Amérique du Nord, de Chine ou du Canada. L’huile essentielle est extraite de ses feuilles. C’est l’ingrédient majeur de tout complexe anti-douleur.

  • Molécules aromatiques principales: 99% esters terpéniques (salicylate de méthyle).
  • Propriétés : anti-inflammatoire, antirhumatismale, antalgique et réchauffante, antispasmodique, stimulante hépatocytaire.
  • Indications : Toute douleur ! (arthrite, arthrose, tendinites, myosites).
  • Spécificités : le salycilate de méthyle se transforme en acide salycilique dès qu’il pénètre dans le derme, d’où son effet antalgique local, mais utilisée pure, elle peut être irritante pour la peau.
2° Romarin (Rosmarinus Officinalis)

Le romarin est un arbrisseau aux tiges ligneuses et résistantes, aux feuilles en forme d’aiguille, originaire des régions méridionales.

Parmi les trois chémotypes existant, verbénone,  camphre et cinéole, c’est ce dernier qui a été choisi pour ses propriétés décontracturantes, toniques et revitalisantes. Le cinéole est également un principe actif reconnu pour ses propriétés antiseptiques et expectorantes.

3° Patchouli (Pogostemon cablin)

Le patchouli est une herbe aromatique pouvant dépasser un mètre de haut, aux feuilles larges et veloutées, aux tiges tétragonales. Les fruits sont de minuscules nucules noires.

Le patchouli  possède des vertus cicatrisantes et anti-inflammatoires et apporte sa saveur boisée terreuse.

4° Bambou (Bambusa arundinacea)

Le bambou est reconnu pour ses propriétés reminéralisantes et antioxydantes. Il facilite la reconstruction du cartilage et des tissus, notamment osseux. L’extrait de bambou est utilisé pour ses propriétés odorantes.

Le collier YOOS libère, grâce à la chaleur corporelle, les huiles essentielles qui traversent les différentes couches de la peau pour rejoindre le système sanguin.

Les actifs apaisants se diffusent ainsi régulièrement dans le corps de l’animal en agissant sur les zones inconfortables.

 
Témoignages issus de vétérinaires participants à l’étude :

Chienne Hamlet épagneul de 10 ans, en suivi pour un schwannome sur le membre antérieur droit, et des lésions arthrosiques au niveau de l’épaule droite. La chienne renoncait à monter dans la voiture et se léchait l’avant-bras droit. Sous gabapentine et collier Yoos, elle a retrouvé un confort de vie intéressant.

Chienne OLGA CHOW CHOW de 11 ans suivi pour osteoarthrose multicentrique, sous meloxicam quotidien et cure de tramadol, la chienne était améliorée mais elle a retrouvé une grande joie de vivre et une aptitude à vouloir se déplacer beaucoup plus lors de la pose des colliers Yoos

J’utilisais déjà le collier YOOS depuis l’an dernier et ai pu observer d’autant plus son efficacité au cours de l’étude Yoos/CSOM

 
Témoignages issus de propriétaires participants à l’étude :

Ma chienne était suivie pour un cancer de la patte avant, et des douleurs à l’épaule. Elle refusait de sauter dans la voiture, dans le lit, se léchait beaucoup le membre opéré.
Depuis l’utilisation du collier, elle est beaucoup plus gaie : on en est au 3ème collier ! Elle se lèche beaucoup moins, est plus alerte.
Nous avons vraiment constaté une différence sur son humeur. En plus elle le supporte très bien, c’est facile à mettre, le format est très pratique et ça sent hyper bon, tout le monde me dit que mon chien sent bon. Facile et agréable !

2ème quinzaine de test du collier Yoos pour Tashi. Une belle évolution :
Tashi et moi avons repris nos balades au parc pour une durée de 1 h, en longe, avec un pas soutenu, Tashi n’a montré aucune gêne, aucun inconfort. Tashi a repris une activité de course libre, à son rythme, dans un champ d’herbe de 7 ha, elle a besoin de se défouler et je l’ai laissée courir, le soir aucune boiterie.
Nous avons eu notre « xmas » avec de la neige, une découverte pour Tashi… qui s’est défoulée dans la neige, s’est roulée dedans, a couru et a passé la journée très occupée dans le jardin en compagnie de sa copine Hushy. Le froid, la neige, et son activité intense m’ont fait craindre que le soir elle soit en souffrance et à ma plus grande joie, elle était exténuée, avait très faim mais elle était en pleine forme.
La seule gêne que je note est pour descendre les quelques marches qui conduisent à mon jardin, elle soulève sa patte AR Gauche, évite l’appui.
Aucune boiterie, elle monte et sort de la voiture seule sans gêne et sans attendre mon aide, elle court, fait des trous, marche bien.
Ma conclusion est que le collier YOOS n’est pas un collier miracle mais associé à une attention face aux difficultés de l’animal, (c’est à dire réintégrer l’activité du chien par palier, aménager des temps de repos…), le collier constitue une aide appréciable car naturelle, continue et en douceur. Je suis très satisfaite de cet essai et donc en faveur de l’utilisation de ce collier – aucun point négatif à mentionner.

 
Annexe 1 : Quelques rappels de statistiques et interprétation des « boites à moustaches »

d’après Charlotte BILLY – Biostatisticienne/ Biostatistician  Ceva Santé Animale – France

Boîtes à moustaches :

Le cercle plein à l’intérieur de la boîte = moyenne (arithmétique de la série de chiffres)
La moyenne est utilisée pour des distributions normales, ayant un faible nombre de valeurs aberrantes.
Le trait à l’intérieur de la boîte = médiane (valeur séparant la moitié supérieure de la moitié inférieure soit 50% des données au-dessus de cette valeur et 50% en-dessous)
La médiane est utilisée pour retourner la tendance centrale des distributions asymétriques

Extrémité inférieure de la boîte = premier quartile (Q1) (25% des données inférieures à cette valeur et 75% supérieures à cette valeur).
Extrémité supérieure de la boîte = troisième quartile (Q3) (75% des données inférieures à cette valeur et 25% supérieures à cette valeur).
Q3 – Q1 = écart interquartile (IQR) : 50% des données sont comprises dans cet intervalle
Extrémité inférieure de la moustache = MAX(minimum, Q1 – 1.5xIQR)
Extrémité supérieure de la moustache = MIN(maximum, Q3 + 1.5xIQR)

Observations au-dessus de la limite supérieure (Q3 + 1.5 x IQR) ou en-dessous de la limite inférieure (Q1 – 1.5xIQR) = valeurs extrêmes (cercle plein).

Modèle linéaire mixte à mesures répétées basé sur la variation absolue du score total par rapport à J0, prenant comme covariable le score à J0 et le jour de la visite:

On cherche à expliquer la variation absolue du score par rapport à J0 en fonction du score initial et de la visite (= voir si le score initial influe sur l’évolution du score total et voir si la variation absolue par rapport à J0 diffère entre les visites).
On émet l’hypothèse que la relation entre la variation absolue du score total et ces deux covariables est linéaire (Variation absolue = a*Score J0 + b*Visite.
On parle de modèle à mesures répétées car on mesure plusieurs fois le même paramètre pour un même sujet (ici le score total est mesuré à J0, J15 et J30).

P-value :

Ce nombre est utilisé en statistiques pour conclure sur le résultat d’un test statistique.
La procédure généralement employée consiste à comparer la valeur-p à un seuil préalablement défini (traditionnellement 5 %).
Si la valeur-p est inférieure à ce seuil, on rejette l’hypothèse nulle (pas de différence) en faveur de l’hypothèse alternative (il existe une différence), et le résultat du test est déclaré « statistiquement significatif ».
Dans le cas contraire, si la valeur-p est supérieure au seuil, on ne rejette pas l’hypothèse nulle, et on ne peut rien conclure quant aux hypothèses formulées.

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