Évaluation des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques du maropitant : revue systématique et méta-analyse

23 février 2021

Évaluation des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques du maropitant : revue systématique et méta-analyse

Evaluating the anti-inflammatory and analgesic properties of maropitant: A systematic review and meta-analysis, R.T. Kinobe, Y. Miyake, The Veterinary Journal 259–260, 105471, ELSEVIER, 2020, traduction Amandine Bouvier et interprétation Luca Zilberstein et Amandine Bouvier

Introduction

Le Maropitant est bien connu en pratique vétérinaire pour son indication anti-vomitive et contre le mal des transports. Il représente également un antagoniste du récepteur de la neurokinine-1, impliquée dans la régulation de divers processus physiopathologiques associés au ressenti algique, dont l’inflammation et la nociception. Se basant sur cet aspect du maropitant, une revue, regroupant l’analyse de multiples articles publiés sur le maropitant, a tenté d’élucider son implication potentielle dans la gestion de la douleur, de l’inflammation et sur la conduite anesthésique.

A retenir

D’après l’ensemble des données regroupées, les effets du maropitant sur l’inflammation et la douleur n’ont pu être démontrés de façon significative. Cependant, son utilisation lors d’anesthésie, notamment sur des interventions viscérales, permet de réduire significativement la concentration alvéolaire minimale pour l’isoflurane et le sévoflurane (MAC). Selon cette méta-analyse, le maropitant aurait donc une action d’épargne anesthésique (MAC-sparing effect).

Rappel :

La MAC est la dose minimale de vapeur d’anesthésie, Isoflurane ou Sevoflurane, (mesurée dans les alvéoles) pour que 50% des animaux testées ne répondent pas à un stimulus considéré nociceptif (douloureux). Autrement dit, l’animal continue à « dormir », malgré une stimulation. Cette valeur minimale d’anesthésiant dépend de plusieurs variables, comme les Co-antalgiques ou le Co-anesthésiques. Les premiers agissent sur le ressenti douloureux, les deuxièmes sur « l’endormissement » du cerveau. Il en dérive qu’on peut réduire la MAC en agissant sur une réduction de la nociception ou sur une augmentation de effets anesthésiants sur le cerveau.
Si l’on confronte les observations de cet article de méta-analyse, (non-significativité d’effets anti-inflammatoires ou antalgiques « pures » et réduction de la MAC), l’explication de cette action du Maropitant sur la réduction des besoins anesthésiques en isoflurane et/ou sevoflurane, pourrait être plutôt liée à une capacité du maropitant à potentialiser les effets anesthésiques. Le mécanisme exact de cette action nécessite encore d’être compris et décrit.

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