Il pourrait y avoir un biomarqueur de l’arthrose canine et il implique les ligaments croisés crâniaux

19 novembre 2020

They may be a biomarker for canine osteoarthritis and it involves cranial cruciate ligaments, Tony McReynolds, AAHA publications, NEWStat, 2020-10
Traduction française et interprétation Amandine Bouvier.


Introduction

La lubricine est une glycoprotéine chondroprotectrice, jouant un rôle de lubrification des articulations humaines et animales. En absence de cette protéine, des maladies articulaires peuvent apparaître. Mais de récentes études tentent, également, d’établir un lien entre l’augmentation de production de cette protéine dans les articulations, notamment du grasset, et le développement par la suite d’arthrose chez les chiens. Si cette corrélation est démontrée, la lubricine pourrait bien devenir un prédicteur de l’arthrose.

 

Résumé de l’article

La lubricine est une protéine qui lubrifie les articulations, à la fois chez les animaux et les humains. La recherche a indiqué qu’une absence de lubricine peut être un précurseur d’une maladie articulaire. Mais une nouvelle étude de Cornell suggère que la présence de lubricine pourrait en fait être un prédicteur de l’arthrose. Une lésion du ligament croisé antérieur (LCA) peut entraîner une arthrose sévère chez l’homme ; il en va de même pour les lésions du ligament croisé crânial (CCL) chez les quadrupèdes.

L’étude, publiée le 7 octobre 2020 dans Scientific Reports(1), est la première à étudier le rôle de la lubricine dans les blessures CCL chez les chiens.
« La lubricine est cruciale pour le fonctionnement normal des articulations et la lubrification du cartilage», a déclaré Heidi Reesink, PhD, professeur adjoint en santé équine au Cornell College of Veterinary Medicine et auteur principal de l’article. « Nous savons que si une personne ou un animal ne fabrique pas cette protéine, il développera une maladie articulaire dévastatrice, affectant toutes les principales articulations portantes ».

Les chercheurs ont découvert que chez les patients canins qui avaient subi une rupture du CCL, la lubricine augmentait dans l’articulation – le contraire des hypothèses conventionnelles en médecine.
Chez trois patients canins qui avaient une lésion articulaire, la lubricine a augmenté considérablement après leur blessure initiale mais avant que leurs radiographies ne montrent des signes d’arthrose.

« Cela indique que la présence d’une augmentation de la lubricine pourrait, en fait, être un biomarqueur pour prédire l’arthrose future », a déclaré Reesink. « Nous avons également constaté une augmentation de la lubricine chez les chiens, des mois à des années après qu’ils aient eu une lésion de leur ligament croisé crânial, ce qui suggère que la lubricine pourrait être un indicateur d’une instabilité articulaire continue.

Les chercheurs se sont préparés pour la nouvelle étude en effectuant une relecture systématique de la littérature au sujet de la lubricine en médecine humaine et vétérinaire. L’article a été publié en mai dans le journal « Osteoarthritis and Cartilage »(2).

La conclusion générale de cet article n’a trouvé aucun consensus unifié sur la façon dont la lubricine est modifiée dans d’autres espèces vétérinaires domestiques et dans les lésions articulaires humaines, démontrant la nécessité d’une étude plus approfondie – ce qui a conduit à la nouvelle étude.

La recherche a été inspirée en partie par le nombre élevé de cas de blessures CCL présentés au Cornell University Hospital for Animals.
« Nous pouvons aider les animaux et les humains en proposant potentiellement de meilleurs diagnostics, en comprenant mieux comment ces molécules fonctionnent et en concevant des thérapies bénéfiques pour les deux en tirant parti de ces cas naturels et en améliorant les soins orthopédiques», a déclaré Reesink. Les chercheurs prévoient de faire une étude longitudinale de suivi chez le chien, en examinant plusieurs moments dans le processus de blessure, de traitement et de rétablissement d’un patient. Ils espèrent également établir des liens similaires dans le LCA humain et d’autres atteintes orthopédiques.


A retenir
 

Au niveau de la recherche scientifique, de multiples études ont établi une corrélation entre la concentration de lubricine et le développement d’arthrose post-traumastique ou naturel. Certains articles démontrent un impact de l’absence de lubricine dans l’apparition d’atteintes articulaires, quand d’autres établissent un lien entre l’augmentation de sa concentration et l’apparition future d’arthrose.

A ce jour, bien qu’un lien semble évident entre une modification de la concentration de lubricine et l’apparition d’arthrose, aucun consensus n’a pu être établi afin d’apporter une précision sur la régulation de la lubricine dans les maladies articulaires. De nouvelles études sont prévues afin de tenter d’apporter des précisions dans le but de déterminer si la lubricine pourrait devenir un biomarqueur de l’arthrose canine.

 

Lien vers l’article original : https://www.aaha.org/publications/newstat/articles/2020-10/study-there-may-be-a-biomarker-for-canine-osteoarthritisand-it-involves-cranial-cruciate-ligaments/

 

(1) Augmentation de la lubricine du liquide synovial dans la rupture spontanée du ligament croisé canin

(2) La lubricine dans l’arthrose expérimentale et naturelle : une revue systématique

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